03/10/2012

Je suis vieux, malade, donc j'"EXIT"?

Article intéressant dans la Revue Médicale Suisse mais qui améne à des conclusions vraiment hâtives et bien loin de la réalité: toute personne âgée qui demande une assistance au suicide souffre d'un syndrome dépressif et il suffirait de s'occuper d'elle pour qu'elle change d'idée et surtout de lui donner des antidépresseurs pour que tout rentre dans l'ordre.

L'étude porte surtout sur le sentiment de culpabilité des personnes âgées par rapport à ce qu'elles côutent à la société ou à leur entourage. 

A la question "Les soins médicaux coûtent-ils trop cher à la collectivité?" 48% ont répondu affirmativement.

A la question "Recourir à EXIT pour vous-même est-il un moyen d'abaisser les coûts de la santé lièes aux personnes âgées" 26% ont répondu oui en précisant que dans ce cas ils diminueraient le fardeau économique pour leur proches descendants et pour la jeune génération.

Pour ma part , j'ai trouvé ces constatations plutôt réalistes et je suis bien loin des conclusions de cet article qui infantilisent les vieux en leur ôtant le droit de choisir leur fin de vie en toutes connaissances et avec tout leur discernement ce qui fait partie des critères essentiels pour que les associations pour le droit de mourir dans la dignité telles que EXIT, DIGNITAS et EXINTERNATIONAL acceptent leur demande.

Béatrice Deslarzes

Médecin et Ancienne vice présidente d'EXIT

www.bea-music.com

Commentaires

C'est un domaine ou règne l'hypocrisie, surtout chez ceux qui ne sont pas touchés de près.

Écrit par : Mère-Grand | 03/10/2012

Ce débat est le vrai front du débat religieux - "honnêtes hommes", et non la circoncision ou la présence de minarets hurleurs. L'honnête homme d'aujourd'hui a compris que la religion amène des réponses d'un autre âge aux questions existentielles. N'étant plus une créature de dieu, il n'appartient qu'aux siens et d'abord à lui-même. Arrivé à une certaine situation, quand il a compris qu'il ne reste devant lui qu'une grande somme de souffrances plus ou moins atténuées par les drogues diverses qu'on lui administrera, il doit pouvoir décider en son âme et conscience qu'il est temps pour lui de partir. Il est alors aisé pour les vautours qui dirigent notre système de santé de décider qu'il est dépressif. Personne n'est vraiment très gai dans les derniers moments de sa vie...
Alors on essayera de le pousser vers les soins palliatifs, cet amalgame de charité chrétienne dans le pire sens du terme et de profit des grandes pharmas qui produisent des benzodiazépines et de la morphine. Les soins palliatifs, c'est faire le travail d'Exit sur une période un peu plus longue, où le patient abruti par des tonnes de médics finira bien par arriver au même résultat. Signalons aux amateurs de cette hypocrisie que passé un certain stade les anti-dépresseurs comme les antalgiques finisssent par ne plus faire aucun effet sauf en doses massives et donc mortelles. Donc pourquoi pas une seule dose mortelle et libératrice de pento-barbital de sodium ?

Écrit par : Géo | 03/10/2012

Par un heureux hasard, Madame, vous vous trouvez en parfait accord avec l'association dont vous fûtes vice-présidente. Ouf! ;-)

Écrit par : Sérum | 03/10/2012

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