27/08/2013

Envie de partager...

Lu ce matin dans la TDG mon coup de gueule concernant les propos quelque peu rétrogrades d'un cher confrère qui pense que la vie doit être protégées à n'importe quel prix.

Je n'ai pu m'empêcher de lui répondre et j'attends vos commentaires.

 

Bonjour,

Dans la lettre du jour du 15 août de mon confrère Dr Bernard Haenni "Protéger la vie, un devoir éthique", comme médecin je ne puis m'empêcher de réagir à ses propos conservateurs et totalement rétrogrades face à la fin de vie. il est bien entendu libre de croire encore au serment d'Hypocrate dans son totalitarisme et d' exprimer son opinion concernant surtout l'assistance au suicide mais il devrait admettre que des autres ne pensent et n'agissent pas comme lui. Comme médecin j'ose affirmer que je suis parfaitement prête à prescrire une dose létale à un patient qui veut abréger ses souffrances physiques et psychiques dans le respect de l'article 115 du Code pénal  suisse qui ne punit pas l'aide au suicide si il n'y a pas de mobile égoïste et en appliquant   les directives de L'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM).
Certes il y a eu d'énormes progrès au niveau de la médecine mais ils comportent un revers de la médaille:  la danger d'acharnement thérapeutique qui ne tient pas compte de la volonté du patient et qui respecterait la vie à n'importe quelles conditions comme semble le penser le Dr. Haenni.
Combien de temps avons-nous eu besoin pour admettre "L'interruption volontaire de grossesse"? L'opinion publique est heureusement de plus en plus favorable pour admettre que dans le domaine de fin de vie, le choix appartient avant tout à l'individu lui-même.

Dr. Béatrice Deslarzes
Médecin ORL et Médecin Conseil d' Ex International.
Ancienne vice présidente d'Exit Suisse Romande

17:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

Commentaires

Je n'aime pas votre doigt accusateur!

Écrit par : Michèle Roullet | 27/08/2013

Votre doigt détermine une forte personnalité....
DAny LEMAITRE

Écrit par : dany lemaitre | 27/08/2013

Dans votre façon de présenter les choses, il me semble qu'il y a un amalgame de différents paramètres qu'on pourrait distinguer les uns des autres, sans les opposer.
Actuellement, on est de plus en plus conscient de l'acharnement thérapeutique.
Le problème à ce niveau est de savoir qui va débrancher les appareils. Qui en a le pouvoir de décision?
Pour celui qui désire mourir, à qui revient le geste fatal? Il y a deux catégories de malades: ceux qui jouissent encore d'une certaine autonomie et ceux qui sont paralysés dans leurs lits.
Pour ceux qui jouissent d'une certaine autonomie, pourquoi viennent-ils utiliser un service médical - puisque la distribution de produit létal relève de la médecine - alors qu'ils seraient très capable de se suicider seuls? On peut discuter ici de l'usage de la médecine et expliquer ainsi une partie des propos du Dr Bernard Haenni. C'est effectivement ce cautionnement par autrui qui est discutable.
En outre, vouloir que quelqu'un les assiste alors qu'eux-mêmes choisissent justement de quitter la société est aussi sujet à discussion.
Un autre élément sur lequel se pencher : s'ils sont comme cela prêts à mourir, pourquoi ne se laissent-ils pas aller dans la mort? Il est important de détecter quels sont les éléments qui les retiennent à l'existence terrestre. J'ai eu ainsi quelques cas à accompagner qui devaient régler un problème avec un ou des proches et, lorsque le problème fut résolu, ils se sont éteints doucement.

Voilà donc quelques éléments qui font que le sujet est complexe et que chacun y répondra selon ses convictions, son mode de concevoir la vie et ses expériences personnelles.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 28/08/2013

«L'opinion publique est heureusement de plus en plus favorable pour admettre que dans le domaine de fin de vie, le choix appartient avant tout à l'individu lui-même.»

Tant que le choix appartient à l'individu lui-même, pas d'objection.

Mais si c'est la société - avec son corollaire de bureaucrates - qui prend les choses en main et qui finalement décide et influence le patient, NON.

Grâce à vos théories, la société décidera un jour qui doit mourir et quand en fonction des intérêts des assurances et des finances publiques.

Écrit par : petard | 29/08/2013

Les commentaires sont fermés.