04/11/2014

Le secret médical est roi

Par deux fois la TDG de hier lundi 3 novembre et d' aujourd'hui soulève le problème de la suppression du secret médical en prison. Comme le dit bien l'article essentiel de hier, Mauro Poggia en accord avec Pierre Maudet ont revu leur proposition de loi en essayant d'adoucir un peu leur sanctions.

J'espère que cette dernière mouture ne sera pas non plus acceptée par le corps médical soutenu d'ailleurs par le milieu juridique car Pierre Maudet n'est pas prêt à faire des concessions à son "tout sécuritaire" même si les arguments contre sont évidents.

Pour moi, ancien médecin consultant à Champ D'Ollon, l'essentiel doit être la confiance du prisonnier qui doit pouvoir dire librement à son médecin tout ce qu'il pense en dehors de toute contrainte. C'est comme cela et uniquement ainsi que l'on peut avoir des renseignements qui peuvent être utiles à la justice.

Je ne comprends pas du tout Mauro Poggia qui a toujours défendu les assurés et qui donne là une ouverture pour supprimer totalement le secret médical ce que les assurances maladie attendent impatiemment. C'est un pas vers cette dérive.

La médecine carcérale n'est pas facile. Elle demande beaucoup de doigté et de tolérance pour pouvoir faire son travail avec efficacité. Ne lui compliquons pas la tâche avec des mesures inutiles qui risquent de briser un équilibre déjà fragile.

Béatrice Deslarzes

Ancien médecin consultant à Champ D'Ollon

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Commentaires

Chère Madame, il n'est pas question de supprimer le secret médical, ni en prison, ni ailleurs, mais uniquement de permettre, pour les criminels dangereux condamnés, qui sont traités en raison d'une pathologie liée au crime commis, la transmission d'informations médicales à l'autorité sécuritaire qui doit se prononcer sur un allègement ou une modification de la mesure prononcée. Il convient, pour ce type de condamné, de se prononcer en connaissance de cause avant, par exemple, une sortie ou une libération conditionnelle. N'est-il pas légitime de vouloir protéger la société?
Pour le surplus, ces condamnés savent parfaitement que le traitement dont ils sont l'objet, et qui a été ordonné par la justice, a précisément pour but de préparer leur sortie..Ils savent donc que le thérapeute qu'ils n'ont pas choisi, mais qui leur a été imposé, devra à un moment donné donner des informations sur le traitement suivi et son résultat.

Écrit par : mauro poggia | 04/11/2014

Monsieur,

Je suis convaincu du bien fondé de l'existence du secret médical. Je me dois toutefois d'indiquer mon désaccord avec votre position d'aujourd'hui. Nous ne parlons pas du secret d'une maladie honteuse qu'aucun patient ne souhaiterait voir étaler sur la place publique. L'époque de la pisse chaude est bien loin. Nous parlons de personnes dangereuses pour la société de part leur comportement violent. Combien d'Adeline n'ont pas eu leur drame en première page et aurait mérité que l'on adapte le secret médical pour éviter que cela se reproduise? Nous ne parlons pas de l'assouplir pour des histoires d'ongle incarné parebleu! La confiance est un sentiment, le pragmatisme est une vertu.

Écrit par : Frédéric Papaux | 05/11/2014

Je crois que les deux commentaires que j'ai reçu font fausse route. Il y a vraisemblablement de la part des auteurs une parfaite incompréhension du devoir du corps médical vis à vis d'un patient qu'il soit plus ou moins "dangereux".
Tout le monde a le droit d'avoir les soins nécessaires mais aussi la totale confiance envers ceux qui le soignent. Je suis persuadée et mon expérience à Champ D'Ollon me l'a prouvé à maintes reprises, que c'est seulement dans cette ambiance que le patient prisonnier ou non peut se confier complètement et sans aucune restriction. C'est le meilleur moyen d'obtenir tous les renseignements qui seront transmis par le médecin si ils sont importants pour la justice. Vous devez, vous-aussi, faire confiance au corps médical qui en aucun cas va omettre de donner les faits importants pour faire avancer la justice.
Le maintien du secret médical est le meilleur moyen d'obtenir ce que vous désirez.
De plus dans aucun des cas de meurtre signalé il y a eu un manque de la part des médecins.
Ne cherchez pas un bouc émissaire innocent
La faute est bien à la justice qui n'a pas su faire son travail correctement et qui n'a pas envie de la reconnaître.

Écrit par : Deslarzes Béatrice | 05/11/2014

Le condamné y compris dangereux ne devrait-il pas avoir en prison au moins une personne sur laquelle il puisse toujours compter ce de façon strictement confidentielle: son médecin en dehors de toute contraintes administratives, processus ou protocoles divers "plus simples, automatiques, plus pratiques pour le personnel pénitencier, assurances, etc.?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 05/11/2014

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