23/10/2015

Médecine, un choix?

Hier soir sur RTS1 l'émission "Temps Présent" traitait du thème "La médecine à tout prix".

On nous a montré des jeunes étudiantes qui faisaient leur médecine en Roumanie et qui ensuite revenaient en Suisse pour faire leur formation complète sans aucun problème.

Cet aspect de l'émission voulait montrer la persévérance de  ces étudiantes mais cachait à mon avis une façon assez lâche de l'Etat qui se débarrasse du paiement d'études qui coûtent très cher: éliminer de nombreux étudiants , les faire prendre en charge par la Roumanie et ensuite les accepter car il manque des médecins dans notre pays.

Ce qui m'a frappé ce sont les interviews de certains responsables de la Santé qui n'hésitent pas à parler de pilotage du choix de la spécialisation médicale par les cantons et qui ont oublié que la médecine est une profession libérale et que, après de longues années d'études et de formation, il semble normal que l'on choisisse sa spécialité en toute liberté.

Quel médecin voudrait à ce jour prendre la place de la caricature du médecin présentée en début d'émission? Si l'on veut plus de généralistes il faut leur offrir des conditions de travail modernes et agréables et surtout rémunéré à leur juste valeur.

Mais ce qui m'inquiète le plus c'est que les politiques semblent de plus en plus glisser vers une réglementation de la médecine qui risque bien d'être une forme d'étatisation derrière laquelle se profile le pouvoir des caisses maladie qui ont déjà la fâcheuse habitude, elles, de choisir les médecins qu'elles veulent bien rembourser.

Béatrice Deslarzes

Médecin ORL FMH

www.bea-music.com

 

 

 

11:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

Commentaires

"Si l'on veut plus de généralistes il faut leur offrir des conditions de travail modernes et agréables et surtout rémunéré à leur juste valeur."
Ce nest possible, me semble-t-il, que si le système Tarmed est modifié pour mieux rémunérer les actes médicaux des généralistes. Ce qui implique une intervention étatique, non?

Écrit par : Mère-Grand | 23/10/2015

Comme pour les taxis avec usage accru du domaine public, les professions liées à la santé ne sont plus tout à fait libérales et doivent êtres cadrées dans leur mission de service public.
Comme le relève très intelligemment Mauro Poggia, le corps médical doit aussi faire un petit effort pour limiter les dégâts de la hausse permanente des coûts de la santé.
Ce que j'ai retenu, c'est surtout l'embarras de la FMH qui ne se prononce pas sur la différence de revenus entre les généralistes et les spécialistes.
Mais vous connaissant un peu maintenant, j'imagine que, comme d'habitude, vous ne publierai pas ce commentaire.

Écrit par : PIerre Jenni | 23/10/2015

"cachait à mon avis une façon assez lâche de l'Etat qui se débarrasse du paiement d'études qui coûtent très cher"
Difficile de ne pas être d'accord avec vous. Mais c'est aussi ce que font toutes les multinationales en délocalisant une grande partie de leurs activités.
Nous pouvons donc nous attendre à ce que la Chine, ou tout autre pays aux coût de la vie très bas, organise la formation à la chaîne de médecins (ou autres spécialistes qui nous reviennent trop cher) pour soulager nos budgets, si ce n'est nos consciences.

Écrit par : Mère-Grand | 23/10/2015

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