30/04/2016

La vague grise

Le vendredi 22 avril paraissait dans la TDG un petit article concernant les mesures prise par l'Etat de Genève pour saisir à bras le corps le problème de la maladie d'Alzeimer qui nous guette tous au vue de l'augmentation incontrôlable de personnes âgées non seulement à Genève et en Suisse mais dans le monde entier. 
C'est un véritable fléau qui risque bien de s'abattre sur le système de santé d'ici 2040 .
La même semaine sortait le 20 avril La Revue Médical Suisse consacrée aux Démences.
Ce numéro soulève les gros problèmes de prise en charge des patients souffrants de ces différentes pathologies dont aucune n'est curatives mais pour lesquelles on peut faire de la prévention en posant le diagnostic par un dépistage précoce des troubles cognitifs.
Ce dépistage permet de débuter une prise en charge individualisée qui vise à préserver l'autonomie du patient et le soutien de son entourage.Cette intervention  multi modale va favoriser la diminution du risque de développer une démence; il s'articule autour des mêmes mesures de prévention.
Ce programme thérapeutique va engendrer des coûts exorbitants qui ne sont peut-être pas toujours utiles et désirés par le patient dément.
L'article de la TDG mentionne aussi comme mesure de promouvoir les directives anticipées pour que chaque individu puisse exprimer ses désirs face à la mort et éviter tous gestes héroïques pour maintenir en vie une personne atteinte de démence et ne désirant pas être prolongée par n'importe quels moyens thérapeutiques. 
Je pense que les directives anticipées devraient être faites bien avant d'être dément . Elles sont un précieux indice pour le corps médical pour connaître le choix thérapeutique qui sera fait selon le désir du patient lorsque celui-ci n'aura plus son discernement.

Béatrice Deslarzes
Médecin

28/04/2016

Face à face

Un face à face sur une loi obligeant les établissements médicaux à accepter l'assistance au suicide est débattue dans le TDG de ce jeudi 28 avril 2016.

Les arguments pour me paraissent tout à fait positifs et valables car la volonté dernière d'un patient sera ainsi toujours respectée ce qui n'est pas le cas actuellement car cela se fait selon le bon vouloir des différents établissements. Cette loi, qui a déjà était acceptée par le canton de Vaud (sans créer une nette augmentation des suicides) permettra à chacun de finir ses jours selon sa volonté. De plus elle correspond actuellement à un choix exprimé par une grande majorité de la population.

Quant aux arguments contre cette loi avancés par le pasteur ils sont complètement démodés et ressemblent curieusement à ceux qui étaient utilisés par les adversaires de l'interruption de grossesse. Le droit des patients est primordial et leur choix doit être respecté absolument.Toute une vie entière à prendre ses responsabilités et pourquoi pas pour le choix de sa fin de vie.En tant que médecin je pense que selon le serment d'Hippocrate (utilisé par le pasteur) on  se doit d'accompagner son patient jusqu'au bout et ne pas oublier que la médecine à, certes, fait d'énormes progrès mais qu'elle doit aussi connaître ses limites et ne pas prolonger une vie qui souvent n'en est plus une.

Les soins palliatifs ou l'assistance au suicide c'est un choix que chaque personne doit pouvoir faire tout à fait librement sans aucune entrave venant des convictions d'autrui qui ne correspondraient pas à leur choix.

Béatrice Deslarzes

Médecin

 

 

 

 

 

 

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08/04/2016

Suicide assisté une loi?

Je tiens à réagir à l'article concernant le projet de loi déposé par une député socialiste à Genève qui demande de garantir le droit à l'assistance au suicide dans les établissements médicaux et dans les EMS.

Je rejoins complètement l'avis de mon confrère vice président d'EXIT Suisse Romande mais par contre je ne comprends pas du tout les arguments contre cette loi donnés par le président de la Fegems qui se contente de la situation actuelle et qui prétend que l'on peut choisir son EMS en s'informant si cet établissement est pour ou contre l'assistance au suicide avant d'y entrer.Les places en EMS sont rares et chères et le choix ne  peut pas se faire sur un tel critère.

D'autre part lorsque une personne âgée entre en EMS elle ne pense pas à mourir mais à vivre le mieux possible son séjour. Elle n'aura recours à la demande d'assistance que si son état s'aggrave et qu'elle ne peut pas envisager une autre solution.

Je suis persuadée que , même si les demandes sont rares, chaque individu a le droit de choisir sa mort si il le désire et que cette loi permettra de le faire selon ses convictions que l'établissement devra respecter.

Béatrice Deslarzes

Accompagnatrice et médecin conseil d'EXIT

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