22/02/2017

Acharnement oncologique

Lorsque j'étais assistante médecin aux HUGE dans les années 80, la médecine avait fait de tels progrès que l'on pouvait  souvent  parler d'acharnement thérapeutique.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'étais dans le petit groupe qui a fondé EXIT en 1982.
Une réaction compréhensible car d'acharnement on pouvait vraiment parler.
Nous sommes en 2017 et les progrès  de la médecin ne cesse d'évoluer ; l'opinion publique est de plus en plus ouverte à une fin de vie digne rejetant toute forme de persévérance inutile par des traitements sophistiqués plus ou moins contre le désir du patient.
Ce progrès vers le respect de la volonté de ce dernier est tangible mais il reste un noyau dur parmi mes confrères qui pousse la personne à continuer de consommer des traitements souvent injustifiés.
Pourquoi existe-t-il encore de tels confrères qui ne savent pas accepter que la maladie a gagné et qu'il faut savoir accompagner son patient jusqu'au bout face à la mort?
Chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie se succèdent avec de fausses promesses de possible guérison à la clé.
Je reste persuadée que c'est surtout  la perte du pouvoir qui fait peur à bien des médecins mais aussi la mort qui reste trop souvent encore un tabou et un échec parmi  le corps médical.
Il existe encore une frontière entre le désir d'un patient et celui de son médecin concernant la fin de vie en particulier chez les oncologues qui trop fréquemment ne savent pas baisser les bras.

Béatrice Deslarzes
Médecin

www.bea-music.com

17:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Merci pour cet excellent article !

Écrit par : lovejoie | 22/02/2017

C`est un probleme vraiment difficile. Je comprends qu`un médecin, pour diverses raisons possibles, prefere laisser qqun agoniser plutot que de prendre la responsabilité de mettre activement fin a une vie. Heureusement que dans un pays développé comme la Suisse, les agonisants n`ont pas a souffrir exagérément car la douleur est prise en charge. Dans les pays moins développés, on tue facilement. Exemple la Hongrie ou je vis: celui qui ne peut pas se payer une agonie dans une clinique de luxe est bourré de sédatif bon marché plutot que d`analgésique efficace mais cher et on le laisse pratiquement mourir d`inanition. J`ai connu un jeune homme arrivé au dernier stade du cancer poumons qu`on a renvoyé chez sa pauvre mere avec une ordonnance d`analgésiques habituellement utilisés contre le mal de tete.

Écrit par : jean jarogh | 23/02/2017

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