27/10/2011

directives anticipées

Je sais que j'en ai déjà parlé à plusieurs reprises de ce sujet mais comme ce matin nous avons eu un long débat concernant ce thème j'ai vraiment envie de remettre la discussion à l'ordre du jour.

Avec la Commission Santé d'Uni3 dont je suis membre nous avons  entrepris tout une réflexion sur le thème de l'euthanasie et de ce fait aussi sur les directives anticipées que, à mon avis,chaque patient actuel ou future devrait rédiger pour être sûre que sa volonté va être  respectée par le corps médical.

La majorité de la population ne désire pas finir, comme ce qu'elle appelle un "légume"  et désire en général une fin de vie digne et la liberté du choix de sa mort.

Les directives anticipées servent surtout à parler à son médecin et son entourage pour préciser ce que l'on désire exactement.Elles favorisent l'échange et permettent de partager ses idées avec tous ceux qui participeront à leur respect quand le moment sera venu.Elles vont bien entendu aider les médecins à prendre certaines décisions quant à notre traitement et surtout empêcher l'acharnement thérapeutique.

Depuis la fondation du mouvement Exit dans les années quatre vingt il y a eu pas mal de progrés concernant le problème de fin de vie mais il reste encore pas mal de chemin à faire concernant le tabou de la mort.

Parlez-en à votre médecin et consultez le site de la FMH qui a rédigé, avec l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) des directives qui sont vraiment très claires et simples à rédiger.Il vous suffit d'aller consulter le site : www.fmh.ch

N'oubliez pas non plus que le fait d'être membre d'Exit donne déjà un aperçu de ce que vous désirez concernant ce sujet.

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex-International

www.fmh.ch

 

 

 

 

 

15:44 Publié dans Politique | Tags : exit, directives anticipées, fmh, assm, choix, mort | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

16/06/2011

Directives anticipées

Relu dans la TDG un petit bout d'interview sur le droit au choix de sa mort.

Il y a à nouveau confusion entre les deux termes "euthanasie" et "assistance au suicide".

C'est ce qui me pousse à redonner ici les définitions précises et peut-être un peu rébarbatives de ces termes souvent utilisés l'un pour l'autre.

Assistance au suicide:

selon l'article 115 du Code Pénal Suisse, elle n'est pas punissable lorsqu'elle intervient sans mobile égoïste. La personne qui souhaite mourir accomplit alors elle-même le geste (absorption de la potion mortelle) qui entraîne la mort.

Il existe trois types d'Euthanasie:

Euthanasie active directe:

assimilable à un meurtre (selon l'article 114 du Code Pénal Suisse) même si elle est pratiquée à la demande de la personne.

Euthanasie passive:

consiste à la renonciation à un traitement ou à l'interuption de celui-ci, conformémant à la volonté (présumée) d'un patient. Admise en Suisse.

Euthanasie active indirecte :

vise à soulager les douleurs d'un malade avec des doses de médicaments (morphine) susceptible de raccourcir la durée de vie. Egalement admise en Suisse.

Définitions formulées par l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) et qu'il me paraissait important de préciser car ce sujet est d'actualité

La grande différence est que le geste est fait par la personne elle-même dans l'assistance au suicide; cette personne doit avoir tout son discernement pour qu'elle puisse en bénéficier.  Dans l'euthanasie c'est une autre personne qui fait le geste. Il est donc important dans ce dernier cas de faire des "directives anticipées"qui permettent au corps médical de connaître notre volonté concernant notre mort.

La FMH et l'ASSM viennent d'éditer de nouvelles "directives anticipées" qui vont aider les médecins et les spécialistes de la santé à prendre les bonnes décisions en cas d'incapacité de discernement suite à un accident ou à une maladie.On peut les télécharger simplement sur www.fmh.ch

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

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09/12/2010

Confession

Un bien curieuse confession du Dr. Jacques Epiney dans la dernière Revue Médicale Suisse. Ce n'est rien moins que le médecin qui a dénoncé Daphnée Berger l'ancienne médecin cantonale Neuchâteloise qui a aidé à mourir une jeune femme complètement paralysée et dont le jugement s'est heureusement terminé par un acquitement.

Drôle de mélange entre une espèce d'accusation d'Exit et une certaine culpabilité qui transparaît à travers les lignes de son courrier.

Il dénonce ouvertement l'euthanasie active et prône les soins palliatifs avec la possibilité d'abréger les souffrances d'un patient en fin de vie même si cela doit activer la mort. Cette forme d'euthanasie est déjà reconnue par l'ASSM qui a édicté des directives médicales qui vont dans ce sens ce n'est donc pas aller vers un progrès dans ce domaine. Ce qu'il faut ce n'est peut-être pas légaliser l'euthanasie active directe mais la dépénaliser c'est à dire que si un médecin la pratique il ne sera pas poursuivi pour meurtre comme c'est le cas aujourd'hui selon l'article 114 du Code Pénal Suisse.

Mais il y a encore un long chemin qui mène à cette solution....la lutte n'est donc pas terminée....

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

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18:08 Publié dans Politique | Tags : confession, exit, assm, médecin, euthanasie, lutte, code pénal suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

07/12/2010

Progrès

Quelle heureuse nouvelle que l'acquittement de l'ancienne médecin cantonal neuchâteloise Daphnée Berner. C'est un pas en avant qui va permettre un futur débat national sur l'euthanasie active directe. Ce jugement va faire certainement jurisprudence dans le domaine délicat de l'euthanasie et permettre un réel progrès concernant ce problème.

Quelle belle victoire aussi pour tous ceux qui défendent le droit à l'aide à mourir comme je le fais depuis des années et qui soutiennent l'assistance au suicide en particulier l'association Exit dont j'ai été la vice présidente pendant des années lors de sa fondation.

Bravo à la justice Neuchâteloise qui, par ce jugement, va permettre de faire avancer les idées concernant la fin de vie.

Il faudra aussi que l'Académie Suisse des Sciences médicales (ASSM) se penche sur ce problème et édicte des directives nouvelles concernant l'euthanasie.

Faudra-t-il aller jusqu'à modifier le Code Pénal Suisse? Le dossier est maintenant dans les mains de Simonetta Sommaruga qui devra tenter de  trouver une solution qui sera certainement très débattue et controversée.

En attendant savourons cette victoire qui est un encouragement pour tous ceux qui luttent pour cette cause.

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

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11:07 Publié dans Politique | Tags : suicide, exit, fin de vie, assm, jugement, euthanasie, code pénal, jurisprudence | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

27/10/2010

Déontologie médicale

Voilà que l'on reparle de "l'affaire Rapaz"...qui se trouve sous la décision du Tribunal Fédéral qui donne l'ordre aux médecins d'alimenter le prisonnier malgré son refus.

Comme médecin j'espère vivement que mes confrères resteront fidèles à notre code de déontologie qui donne le pouvoir de décision au patient.

Si les médecins obéissent à cet ordre  on met en doute toute la crédibilité des directives de l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) dont fait partie essentiellement le choix du patient quant à son traitement.

Tous les médecins soyons solidaires pour soutenir nos confrères qui se trouvent devant ce dilemme difficile pour qu'ils ne tombent pas dans le piège tendu par le Tribunal Fédéral et pour qu'ils continuent de choisir la solution compatible avec le respect de la volonté du patient.

Béatrice Deslarzes

Médecin

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15:13 Publié dans Politique | Tags : assm, tribunal fédéral, piège, code, déontologie, directives médecins, solidaires | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

08/09/2010

Encore l'assistance au suicide

Il y a plusieurs mois j'ai déjà fait un blog sur la différence entre l'assistance au suicide et l'euthanasie.

Comme il existe toujours une confusion notoire entre ces deux termes (dans les différents journaux de la presse romande,les interviews ou débats télévisés),  je me permets de refaire un petit rappel des définitions données par l'Académie Suisse des Sciences médicales (ASSM):

Assistance au suicide:

selon l'article 115 du Code Pénal Suisse, elle n'est pas punissable lorsqu'elle intervient sans mobile égoïste. La personne qui souhaite mourir accomplit alors elle-même le geste (absorption de la potion mortelle) qui entraîne la mort.

Il existe trois types d'Euthanasie:

Euthanasie active directe:

assimilable à un meurtre (selon l'article 114 du Code Pénal Suisse) même si elle est pratiquée à la demande de la personne.

Euthanasie passive:

consiste à la renonciation à un traitement ou à l'interuption de celui-ci, conformémant à la volonté (présumée) d'un patient. Admise en Suisse.

Euthanasie active indirecte :

vise à soulager les douleurs d'un malade avec des doses de médicaments (morphine) susceptible de raccourcir la durée de vie. Egalement admise en Suisse.

Dans de très rares cas l'assistance au suicide est admise aux HUGE et CHUV au contraire des deux formes d'euthanasie passive et indirecte qui sont  pratiquées assez souvent après consultation de la volonté du patient (ou de ses directives anticipées) et en accord avec la famille et l'équipe médicale.

Je ne veux pas donner une leçon aux journalistes mais ils devraient s'inspirer de ces définitions pour ne pas induire trop souvent le public en erreur.

P.S. Définitions tirées du chapitre "Au nom de la dignité humaine" de mon livre "Rebelle malgré moi."

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

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16:47 Publié dans Politique | Tags : assistance, suicide, euthanasie, assm, code pénal, vie, traitement, corps médical | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

19/07/2010

Droit du patient

J'ai été profondément choquée par la décision de la ministre valaisanne Esther Waeber-Kalbermatten de faire transférer Bernard Rappaz à Berne pour que des mesures de survie lui soient administrées malgré sa décision de ne pas vouloir être réanimé et son choix de refuser tout traitement si il sombrait dans le coma et de le laisser mourir.

De quel droit la justice donne-t-elle l'ordre au corps médical de se mettre en désaccord avec le voeu de ce patient alors que l'Académie des Sciences Médicales (ASSM) ,qui est l'organe de référence des médecins, a édicté des directives sur le droit des patients qui demandent expressément de respecter ce droit même si celui-ci ne correspond pas à celui du médecin?

Je comprend encore moins que les médecins de l'Hôpital de l'Ile acceptent cet "ordre" alors qu'il trahit les directives de l'ASSM et celles de Bernard Rappaz.

Le choix du patient est primordial et en tant que médecin je n'accepterai pas de ne pas honorer ses directives anticipées dont la valeur a presque force de loi pour le corps médical, même si la justice me l'ordonnait.

Pour moi , le respect de ce choix fait partie du serment d'Hippocrate.

Béatrice Deslarzes

Médecin et ancienne vice présidente d'EXIT

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14:28 Publié dans Politique | Tags : médecine, assm, respect, loi, mort, directives anticipées | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |