16/06/2011

Directives anticipées

Relu dans la TDG un petit bout d'interview sur le droit au choix de sa mort.

Il y a à nouveau confusion entre les deux termes "euthanasie" et "assistance au suicide".

C'est ce qui me pousse à redonner ici les définitions précises et peut-être un peu rébarbatives de ces termes souvent utilisés l'un pour l'autre.

Assistance au suicide:

selon l'article 115 du Code Pénal Suisse, elle n'est pas punissable lorsqu'elle intervient sans mobile égoïste. La personne qui souhaite mourir accomplit alors elle-même le geste (absorption de la potion mortelle) qui entraîne la mort.

Il existe trois types d'Euthanasie:

Euthanasie active directe:

assimilable à un meurtre (selon l'article 114 du Code Pénal Suisse) même si elle est pratiquée à la demande de la personne.

Euthanasie passive:

consiste à la renonciation à un traitement ou à l'interuption de celui-ci, conformémant à la volonté (présumée) d'un patient. Admise en Suisse.

Euthanasie active indirecte :

vise à soulager les douleurs d'un malade avec des doses de médicaments (morphine) susceptible de raccourcir la durée de vie. Egalement admise en Suisse.

Définitions formulées par l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) et qu'il me paraissait important de préciser car ce sujet est d'actualité

La grande différence est que le geste est fait par la personne elle-même dans l'assistance au suicide; cette personne doit avoir tout son discernement pour qu'elle puisse en bénéficier.  Dans l'euthanasie c'est une autre personne qui fait le geste. Il est donc important dans ce dernier cas de faire des "directives anticipées"qui permettent au corps médical de connaître notre volonté concernant notre mort.

La FMH et l'ASSM viennent d'éditer de nouvelles "directives anticipées" qui vont aider les médecins et les spécialistes de la santé à prendre les bonnes décisions en cas d'incapacité de discernement suite à un accident ou à une maladie.On peut les télécharger simplement sur www.fmh.ch

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

www.bea-music.com

 

 

09/12/2010

Confession

Un bien curieuse confession du Dr. Jacques Epiney dans la dernière Revue Médicale Suisse. Ce n'est rien moins que le médecin qui a dénoncé Daphnée Berger l'ancienne médecin cantonale Neuchâteloise qui a aidé à mourir une jeune femme complètement paralysée et dont le jugement s'est heureusement terminé par un acquitement.

Drôle de mélange entre une espèce d'accusation d'Exit et une certaine culpabilité qui transparaît à travers les lignes de son courrier.

Il dénonce ouvertement l'euthanasie active et prône les soins palliatifs avec la possibilité d'abréger les souffrances d'un patient en fin de vie même si cela doit activer la mort. Cette forme d'euthanasie est déjà reconnue par l'ASSM qui a édicté des directives médicales qui vont dans ce sens ce n'est donc pas aller vers un progrès dans ce domaine. Ce qu'il faut ce n'est peut-être pas légaliser l'euthanasie active directe mais la dépénaliser c'est à dire que si un médecin la pratique il ne sera pas poursuivi pour meurtre comme c'est le cas aujourd'hui selon l'article 114 du Code Pénal Suisse.

Mais il y a encore un long chemin qui mène à cette solution....la lutte n'est donc pas terminée....

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

www.bea-music.com

 

18:08 Publié dans Politique | Tags : confession, exit, assm, médecin, euthanasie, lutte, code pénal suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |