02/04/2012

Mourir dans la dignité

Je me vois presque dans l'obligation de reprendre le même sujet que mon blog précédent suite à l'article du Courrier d'aujourd'hui "Pas au médecin d'aider à mourir".Par cet article le vice-président de la commission d'éthique Markus Zimmermann accuse et dénonce les médecins qui aident leur patient à mourir et qui, selon lui, transgressent notre  fameux serment d'Hippocrate qui, comme l'a si bien dit samedi passé Claude Torracenta, est complétement démodé. L'espèrance de vie augmente ainsi que les polypathologies invalidantes difficiles à supporter.

Ce sont tout à fait les propos d'un catholique qui au nom d'une religion totalitaire préfére laisser souffrir encore un peu les malades en fin de vie plutôt que d'abréger leur souffrances.

Le mot dérapage pour qualifier le geste de ces médecins est vraiment complétement déplacé car il s'agit bien entendu toujours de compension et,j'oserai même dire, de courage pour pratiquer un tel acte.

Ces médecins ne se "sentent" pas" investis d'une mission" comme le proclame ce théologien catholique mais ils assument jusqu'au bout leur devoir d'assistance et répondent à la confiance que leur font leur patient.

Partout on prône les "directives anticipées" qui sont l'expression de nos dernières volontés qui doivent être respectées par le corps médical et ce n'est pas un représentant de la commission d'éthique qui doit freiner ces progrés qui tendent de plus en plus à respecter notre droit à choisir notre mort comme notre ultime liberté.

Béatrice Deslarzes

Médecin et ancienne vice-présidente d'EXIT.

www.bea-music.com

 

27/10/2011

directives anticipées

Je sais que j'en ai déjà parlé à plusieurs reprises de ce sujet mais comme ce matin nous avons eu un long débat concernant ce thème j'ai vraiment envie de remettre la discussion à l'ordre du jour.

Avec la Commission Santé d'Uni3 dont je suis membre nous avons  entrepris tout une réflexion sur le thème de l'euthanasie et de ce fait aussi sur les directives anticipées que, à mon avis,chaque patient actuel ou future devrait rédiger pour être sûre que sa volonté va être  respectée par le corps médical.

La majorité de la population ne désire pas finir, comme ce qu'elle appelle un "légume"  et désire en général une fin de vie digne et la liberté du choix de sa mort.

Les directives anticipées servent surtout à parler à son médecin et son entourage pour préciser ce que l'on désire exactement.Elles favorisent l'échange et permettent de partager ses idées avec tous ceux qui participeront à leur respect quand le moment sera venu.Elles vont bien entendu aider les médecins à prendre certaines décisions quant à notre traitement et surtout empêcher l'acharnement thérapeutique.

Depuis la fondation du mouvement Exit dans les années quatre vingt il y a eu pas mal de progrés concernant le problème de fin de vie mais il reste encore pas mal de chemin à faire concernant le tabou de la mort.

Parlez-en à votre médecin et consultez le site de la FMH qui a rédigé, avec l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) des directives qui sont vraiment très claires et simples à rédiger.Il vous suffit d'aller consulter le site : www.fmh.ch

N'oubliez pas non plus que le fait d'être membre d'Exit donne déjà un aperçu de ce que vous désirez concernant ce sujet.

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex-International

www.fmh.ch

 

 

 

 

 

22/09/2010

Directives anticipées

Une remarque un peu tardive mais que j'avais tout de même envie de faire : 2 pages de la TDG de samedi-dimanche qui m'ont frappée et interpellée....Elles ont suscité en moi une terrible impression et j'ai même osé laisser aller mon imagination vers la réflexion suivante:

Allons-nous vers un dilemme qui nous parait aujourd'hui insoutenable et qui nous interroge de plus en plus lourdement et pour lequel nous devons trouver sous peu des solutions?

Voyez vous-même :

-à la page 5 "Le débat d'annonce houleux autour de l'aide au suicide":Dans cet article on parle très ouvertement de l'assistance au suicide mais aussi de l'euthanasie active indissociable de l'accompagnement au suicide d'après le Dr. Sobel président d'Exit Suisse Romande avec lequel je suis tout à fait d'accord;c'est un problème dont il faut s'occuper même si la frontière avec l'euthanasie passive (autorisée) est mince.

-à la page 6 "En Suisse les cas de démence coûtent 6,3 milliards de francs"! En raison du vieillissement de la population et de l'évolution démographique il y aura une forte augmentation de ces démences contre lesquelles nous n'avons pas de traitement efficace.

A nous tous de rédiger nos directives anticipées pour permettre au corps médical de nous aider dans le choix de notre mort et de ne pas finir comme "un légume" pendant des semaines ou même des mois....ce qui, en plus, coûte déjà très cher à la société.....

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

www.bea-music.com

 

 

 

19/07/2010

Droit du patient

J'ai été profondément choquée par la décision de la ministre valaisanne Esther Waeber-Kalbermatten de faire transférer Bernard Rappaz à Berne pour que des mesures de survie lui soient administrées malgré sa décision de ne pas vouloir être réanimé et son choix de refuser tout traitement si il sombrait dans le coma et de le laisser mourir.

De quel droit la justice donne-t-elle l'ordre au corps médical de se mettre en désaccord avec le voeu de ce patient alors que l'Académie des Sciences Médicales (ASSM) ,qui est l'organe de référence des médecins, a édicté des directives sur le droit des patients qui demandent expressément de respecter ce droit même si celui-ci ne correspond pas à celui du médecin?

Je comprend encore moins que les médecins de l'Hôpital de l'Ile acceptent cet "ordre" alors qu'il trahit les directives de l'ASSM et celles de Bernard Rappaz.

Le choix du patient est primordial et en tant que médecin je n'accepterai pas de ne pas honorer ses directives anticipées dont la valeur a presque force de loi pour le corps médical, même si la justice me l'ordonnait.

Pour moi , le respect de ce choix fait partie du serment d'Hippocrate.

Béatrice Deslarzes

Médecin et ancienne vice présidente d'EXIT

www.bea-music.com