16/04/2012

Encore le suicide assisté

Un petit articlee dans la TDG d'aujourd'hui a attiré mon attention "Succés problématique du suicide assisté".

Une critique non dissimulée de ce mode de faire en laissant soupçonner que certains suicides assistés seraient hors la loi parcequ'ils ne respectent pas que la personne qui fait ce choix ne soit pas encore "un légume" qui attend la mort naturelle comme ce qui est la plupart des cas dans les soins palliatifs.

Pourquoi attendre cet état qui est le plus souvent accompagné d'un état confusionnel qui ne permet plus aucune décision ni aucun choix et qui laisse la patient complétement dépendant du corps médical?

Les cas recensés ont passé de 50 à 300 en l'espace de vingt ans mais ne font que suivre notre espèrance de vie car nous devenons trop vieux et nous ne sommes , le plus souvent, pas faits pour devenir centenaire et végéter dans un  EMS en attendant la mort.

Cet article est une forme d'hypocrisie qui ne veut pas voir la réalité en face : dans notre monde moderne la vieillesse pleine de pertes souvent innacceptables existe et de nombreuses personnes ne sont pas prêtes à vivre trop longtemps ou plutôt à seulement  survivre avec bien souvent des polymorbidités plus invalidentes qu'une maladie létale.

De toutes façons ce nombre va encore augmenté puisque nous subissons les "progrés" de la médecine qui souvent  s'acharnent et nous empêchent de mourir.

A chacun de faire son choix et de le faire savoir en remplissant ses directives anticipées qui vont devenir contraignantes dés le début de l'année prochaine.

Béatrice Deslarzes

Médecin et ancienne vice présidente d'Exit Suisse Romande.

www.fmh.ch

 

 

 

 

16/06/2011

Directives anticipées

Relu dans la TDG un petit bout d'interview sur le droit au choix de sa mort.

Il y a à nouveau confusion entre les deux termes "euthanasie" et "assistance au suicide".

C'est ce qui me pousse à redonner ici les définitions précises et peut-être un peu rébarbatives de ces termes souvent utilisés l'un pour l'autre.

Assistance au suicide:

selon l'article 115 du Code Pénal Suisse, elle n'est pas punissable lorsqu'elle intervient sans mobile égoïste. La personne qui souhaite mourir accomplit alors elle-même le geste (absorption de la potion mortelle) qui entraîne la mort.

Il existe trois types d'Euthanasie:

Euthanasie active directe:

assimilable à un meurtre (selon l'article 114 du Code Pénal Suisse) même si elle est pratiquée à la demande de la personne.

Euthanasie passive:

consiste à la renonciation à un traitement ou à l'interuption de celui-ci, conformémant à la volonté (présumée) d'un patient. Admise en Suisse.

Euthanasie active indirecte :

vise à soulager les douleurs d'un malade avec des doses de médicaments (morphine) susceptible de raccourcir la durée de vie. Egalement admise en Suisse.

Définitions formulées par l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) et qu'il me paraissait important de préciser car ce sujet est d'actualité

La grande différence est que le geste est fait par la personne elle-même dans l'assistance au suicide; cette personne doit avoir tout son discernement pour qu'elle puisse en bénéficier.  Dans l'euthanasie c'est une autre personne qui fait le geste. Il est donc important dans ce dernier cas de faire des "directives anticipées"qui permettent au corps médical de connaître notre volonté concernant notre mort.

La FMH et l'ASSM viennent d'éditer de nouvelles "directives anticipées" qui vont aider les médecins et les spécialistes de la santé à prendre les bonnes décisions en cas d'incapacité de discernement suite à un accident ou à une maladie.On peut les télécharger simplement sur www.fmh.ch

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

www.bea-music.com