18/08/2011

Le choix de sa mort

Deux articles m'ont interpellée l'un dans la TDG de lundi 15 aôut ,"Un médecin relance le débat sur l'euthanasie active"et l'autre dans le dernier Hebdo intitulé "Suicide en Suisse d'une star TV".

Même si ces articles ne concernent pas exactement le même sujet,tous les deux rappellent le droit au choix de sa mort et soulèvent les diffèrences de loi qui existent dans les pays qui nous entourent.

Ils soulignent aussi le courage d'une part du Dr.Nicolas Bonnemaison a Bayonne qui a "accéléré"le décés de quatre patients en fin de vie et d'autre part celui de Adi Talmor, le présentateur vedette israélien, qui,se sachant atteint d'un incurable cancer du poumon, s'est suicidé à Zürich avec l'aide de Dignitas.

Espèrons que ces deux exemples feront avancer le problème de l'euthanasie active aussi dans notre pays et celui de l'assistance au suicide dans certains pays où il est interdit.

L'assistance au suicide n'est pas condamnable en Suisse et c'est un bien puisque notre loi permet aussi aux étrangers de bénéficier de cet aide qui respecte leur choix même s'ils sont,malheureusement, forcés de voyager en Suisse pour réaliser leur ultime souhait. Ils peuvent donc faire appel à Dignitas et à Ex International puisque les associations pour le droit de mourir dans la dignité (Exit) tant Suisse Romande que Suisse Alémanique ne prêtent assistance qu'aux personnes résidants en Suisse.

Au vue du veillissement de la population les problèmes de l'euthanasie et de l'assistance au suicide deviendrons de plus en plus d'actualité même si  l'on développe beaucoup les soins palliatifs qui ne solutionnent pas tous les cas et qui ne sont parfois que de l'acharnement thérapeutique.

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

www.bea-music.com

 

 

 

 

16/06/2011

Directives anticipées

Relu dans la TDG un petit bout d'interview sur le droit au choix de sa mort.

Il y a à nouveau confusion entre les deux termes "euthanasie" et "assistance au suicide".

C'est ce qui me pousse à redonner ici les définitions précises et peut-être un peu rébarbatives de ces termes souvent utilisés l'un pour l'autre.

Assistance au suicide:

selon l'article 115 du Code Pénal Suisse, elle n'est pas punissable lorsqu'elle intervient sans mobile égoïste. La personne qui souhaite mourir accomplit alors elle-même le geste (absorption de la potion mortelle) qui entraîne la mort.

Il existe trois types d'Euthanasie:

Euthanasie active directe:

assimilable à un meurtre (selon l'article 114 du Code Pénal Suisse) même si elle est pratiquée à la demande de la personne.

Euthanasie passive:

consiste à la renonciation à un traitement ou à l'interuption de celui-ci, conformémant à la volonté (présumée) d'un patient. Admise en Suisse.

Euthanasie active indirecte :

vise à soulager les douleurs d'un malade avec des doses de médicaments (morphine) susceptible de raccourcir la durée de vie. Egalement admise en Suisse.

Définitions formulées par l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) et qu'il me paraissait important de préciser car ce sujet est d'actualité

La grande différence est que le geste est fait par la personne elle-même dans l'assistance au suicide; cette personne doit avoir tout son discernement pour qu'elle puisse en bénéficier.  Dans l'euthanasie c'est une autre personne qui fait le geste. Il est donc important dans ce dernier cas de faire des "directives anticipées"qui permettent au corps médical de connaître notre volonté concernant notre mort.

La FMH et l'ASSM viennent d'éditer de nouvelles "directives anticipées" qui vont aider les médecins et les spécialistes de la santé à prendre les bonnes décisions en cas d'incapacité de discernement suite à un accident ou à une maladie.On peut les télécharger simplement sur www.fmh.ch

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

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09/12/2010

Confession

Un bien curieuse confession du Dr. Jacques Epiney dans la dernière Revue Médicale Suisse. Ce n'est rien moins que le médecin qui a dénoncé Daphnée Berger l'ancienne médecin cantonale Neuchâteloise qui a aidé à mourir une jeune femme complètement paralysée et dont le jugement s'est heureusement terminé par un acquitement.

Drôle de mélange entre une espèce d'accusation d'Exit et une certaine culpabilité qui transparaît à travers les lignes de son courrier.

Il dénonce ouvertement l'euthanasie active et prône les soins palliatifs avec la possibilité d'abréger les souffrances d'un patient en fin de vie même si cela doit activer la mort. Cette forme d'euthanasie est déjà reconnue par l'ASSM qui a édicté des directives médicales qui vont dans ce sens ce n'est donc pas aller vers un progrès dans ce domaine. Ce qu'il faut ce n'est peut-être pas légaliser l'euthanasie active directe mais la dépénaliser c'est à dire que si un médecin la pratique il ne sera pas poursuivi pour meurtre comme c'est le cas aujourd'hui selon l'article 114 du Code Pénal Suisse.

Mais il y a encore un long chemin qui mène à cette solution....la lutte n'est donc pas terminée....

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

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07/12/2010

Progrès

Quelle heureuse nouvelle que l'acquittement de l'ancienne médecin cantonal neuchâteloise Daphnée Berner. C'est un pas en avant qui va permettre un futur débat national sur l'euthanasie active directe. Ce jugement va faire certainement jurisprudence dans le domaine délicat de l'euthanasie et permettre un réel progrès concernant ce problème.

Quelle belle victoire aussi pour tous ceux qui défendent le droit à l'aide à mourir comme je le fais depuis des années et qui soutiennent l'assistance au suicide en particulier l'association Exit dont j'ai été la vice présidente pendant des années lors de sa fondation.

Bravo à la justice Neuchâteloise qui, par ce jugement, va permettre de faire avancer les idées concernant la fin de vie.

Il faudra aussi que l'Académie Suisse des Sciences médicales (ASSM) se penche sur ce problème et édicte des directives nouvelles concernant l'euthanasie.

Faudra-t-il aller jusqu'à modifier le Code Pénal Suisse? Le dossier est maintenant dans les mains de Simonetta Sommaruga qui devra tenter de  trouver une solution qui sera certainement très débattue et controversée.

En attendant savourons cette victoire qui est un encouragement pour tous ceux qui luttent pour cette cause.

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

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22/09/2010

Directives anticipées

Une remarque un peu tardive mais que j'avais tout de même envie de faire : 2 pages de la TDG de samedi-dimanche qui m'ont frappée et interpellée....Elles ont suscité en moi une terrible impression et j'ai même osé laisser aller mon imagination vers la réflexion suivante:

Allons-nous vers un dilemme qui nous parait aujourd'hui insoutenable et qui nous interroge de plus en plus lourdement et pour lequel nous devons trouver sous peu des solutions?

Voyez vous-même :

-à la page 5 "Le débat d'annonce houleux autour de l'aide au suicide":Dans cet article on parle très ouvertement de l'assistance au suicide mais aussi de l'euthanasie active indissociable de l'accompagnement au suicide d'après le Dr. Sobel président d'Exit Suisse Romande avec lequel je suis tout à fait d'accord;c'est un problème dont il faut s'occuper même si la frontière avec l'euthanasie passive (autorisée) est mince.

-à la page 6 "En Suisse les cas de démence coûtent 6,3 milliards de francs"! En raison du vieillissement de la population et de l'évolution démographique il y aura une forte augmentation de ces démences contre lesquelles nous n'avons pas de traitement efficace.

A nous tous de rédiger nos directives anticipées pour permettre au corps médical de nous aider dans le choix de notre mort et de ne pas finir comme "un légume" pendant des semaines ou même des mois....ce qui, en plus, coûte déjà très cher à la société.....

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

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08/09/2010

Encore l'assistance au suicide

Il y a plusieurs mois j'ai déjà fait un blog sur la différence entre l'assistance au suicide et l'euthanasie.

Comme il existe toujours une confusion notoire entre ces deux termes (dans les différents journaux de la presse romande,les interviews ou débats télévisés),  je me permets de refaire un petit rappel des définitions données par l'Académie Suisse des Sciences médicales (ASSM):

Assistance au suicide:

selon l'article 115 du Code Pénal Suisse, elle n'est pas punissable lorsqu'elle intervient sans mobile égoïste. La personne qui souhaite mourir accomplit alors elle-même le geste (absorption de la potion mortelle) qui entraîne la mort.

Il existe trois types d'Euthanasie:

Euthanasie active directe:

assimilable à un meurtre (selon l'article 114 du Code Pénal Suisse) même si elle est pratiquée à la demande de la personne.

Euthanasie passive:

consiste à la renonciation à un traitement ou à l'interuption de celui-ci, conformémant à la volonté (présumée) d'un patient. Admise en Suisse.

Euthanasie active indirecte :

vise à soulager les douleurs d'un malade avec des doses de médicaments (morphine) susceptible de raccourcir la durée de vie. Egalement admise en Suisse.

Dans de très rares cas l'assistance au suicide est admise aux HUGE et CHUV au contraire des deux formes d'euthanasie passive et indirecte qui sont  pratiquées assez souvent après consultation de la volonté du patient (ou de ses directives anticipées) et en accord avec la famille et l'équipe médicale.

Je ne veux pas donner une leçon aux journalistes mais ils devraient s'inspirer de ces définitions pour ne pas induire trop souvent le public en erreur.

P.S. Définitions tirées du chapitre "Au nom de la dignité humaine" de mon livre "Rebelle malgré moi."

Béatrice Deslarzes

Médecin conseil d'Ex International

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18/01/2010

Assistance au suicide et euthanasie

Ce soir à la Comédie est organisé un débat publique sur "l'assistance au suicide".

Samedi dans la TDG la journaliste qui annonce ce débat confond manifestement les deux termes "assistance au suicide" et "euthanasie"comme d'ailleurs très souvent la plupart des gens.

C'est ce qui me pousse à donner ici les définitions précises et peut-être un peu rébarbatives de ces termes souvent utilisés l'un pour l'autre.

Assistance au suicide:

selon l'article 115 du Code Pénal Suisse, elle n'est pas punissable lorsqu'elle intervient sans mobile égoïste. La personne qui souhaite mourir accomplit alors elle-même le geste (absorption de la potion mortelle) qui entraîne la mort.

Il existe trois types d'Euthanasie:

Euthanasie active directe:

assimilable à un meurtre (selon l'article 114 du Code Pénal Suisse) même si elle est pratiquée à la demande de la personne.

Euthanasie passive:

consiste à la renonciation à un traitement ou à l'interuption de celui-ci, conformémant à la volonté (présumée) d'un patient. Admise en Suisse.

Euthanasie active indirecte :

vise à soulager les douleurs d'un malade avec des doses de médicaments (morphine) susceptible de raccourcir la durée de vie. Egalement admise en Suisse.

Définitions formulées par l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) et qu'il me paraissait important de préciser car ce sujet est d'actualité

Béatrice Deslarzes

Médecin et Musicienne

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