16/04/2012

Encore le suicide assisté

Un petit articlee dans la TDG d'aujourd'hui a attiré mon attention "Succés problématique du suicide assisté".

Une critique non dissimulée de ce mode de faire en laissant soupçonner que certains suicides assistés seraient hors la loi parcequ'ils ne respectent pas que la personne qui fait ce choix ne soit pas encore "un légume" qui attend la mort naturelle comme ce qui est la plupart des cas dans les soins palliatifs.

Pourquoi attendre cet état qui est le plus souvent accompagné d'un état confusionnel qui ne permet plus aucune décision ni aucun choix et qui laisse la patient complétement dépendant du corps médical?

Les cas recensés ont passé de 50 à 300 en l'espace de vingt ans mais ne font que suivre notre espèrance de vie car nous devenons trop vieux et nous ne sommes , le plus souvent, pas faits pour devenir centenaire et végéter dans un  EMS en attendant la mort.

Cet article est une forme d'hypocrisie qui ne veut pas voir la réalité en face : dans notre monde moderne la vieillesse pleine de pertes souvent innacceptables existe et de nombreuses personnes ne sont pas prêtes à vivre trop longtemps ou plutôt à seulement  survivre avec bien souvent des polymorbidités plus invalidentes qu'une maladie létale.

De toutes façons ce nombre va encore augmenté puisque nous subissons les "progrés" de la médecine qui souvent  s'acharnent et nous empêchent de mourir.

A chacun de faire son choix et de le faire savoir en remplissant ses directives anticipées qui vont devenir contraignantes dés le début de l'année prochaine.

Béatrice Deslarzes

Médecin et ancienne vice présidente d'Exit Suisse Romande.

www.fmh.ch

 

 

 

 

15/02/2012

Assistance au suicide

En tant qu'ancienne vice-présidente d'Exit Suisse Romande à ses débuts et actuellement médecin conseil d'ExInternational,  je ne peux rester indifférente à la polémique qui entoure l'assistance au suicide dans le canton de Vaud.

Par son initiative Exit veut élargir tout simplement son intervention dans les EMS afin de permettre aux patients qui le désirent de mourir dignement si ils le décident comme ils en ont le droit à leur domicile que représente , à ce moment là, l'EMS où ils séjournent le plus souvent jusqu'à leur mort.

Le contre projet accepté par le Grand Conseil Vaudois est beaucoup trop restrictif et je veux ici vous en présenter ses effets pervers :

-Puisque dans ce contre projet c'est au médecin de l'établissement de prendre une décision c'est donc une sorte de mise sous tutelle du patient qui peut dépendre totalement de l'avis de ce mèdecin concernant l'aide au suicide.(pour ou contre)

-le fait qu'il doit y avoir une maladie incurable limite cette assistance pour les personnes souffrant d'une grande détresse morale et qui n'ont pas envie de choisir les soins palliatifs.

-Même si le Conseil Fédéral et le canton de Zürich ont décidé de ne pas légiférer le fait que le canton de Vaud décide de le faire peut avoir un effet domino pour les autres cantons

-et "the last but not the least" un retour en arrière quant aux progrés réalisés par Exit par la prise de pouvoir de l'Etat sur l'autodétermination du patient.

Par contre si le peuple vote l'initiative proposée par Exit c'est alors, ce que j'espère, encore un combat gagné en faveur de tous les patients pour le libre choix de leur mort.

Béatrice Deslarzes

Médecin et membre d'Exit

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08/09/2011

EMS

Lundi 5 septembre un article concernant les personnes âgées à travers les EMS et la Fegems (fédération genevoise des établissements médico-sociaux) m'a fait beaucoup réfléchir mais ne m'a pas fait changer d'avis quant aux nombreuses pertes qu'engendre la vieillesse et m'a tout simplement confortée dans mes idées concernant cette fin de vie en EMS.

Lorsque j'avais 30 ans, pour arrondir mes fins de mois à la reprise de mes études de médecine, et ceci comme ancienne laborantine, j'ai monté le laboratoire à l'EMS de Vessy.C'était déjà pour moi un vrai cauchemar que de voir toutes ces personnes d'un grand âge  qui me toisonnaient d'un regard figé lorsque je venais travailler.Déjà à cette époque je ne supportais pas "les vieux" et je dois avouer que pendant toute ma carrière médicale je n'ai jamais cessé de ressentir ce sentiment de tristesse et même de rejet en pensant que l'on pouvait finir de cette façon.

Je pense que c'est la pire manière de vieillir et je me suis toujours posé la question:Pourquoi l'être humain doit-il finir ainsi?  Mérite-t-il une telle fin?

La vieillesse c'est déjà difficile mais en EMS c'est quasiment insupportable!

Et le futur sera encore pire car le nombre de démence va encore augmenter vue l'espérance de vie que nous aurons!

Plusieurs questions tournent dans ma tête:

Pourquoi ne peut-on pas raccourcir cette échéance en quittant ce monde volontairement lorsque l'on se sent devenir trop vieux et dément?

Pourquoi est-ce que l'on continue à multiplier ces établissements qui sont un véritable enfer pour ceux qui y vivent?

Quelle solution trouver pour échapper à ce que j'ose appeler une torture?

Malheureusement je n'ai pas de réponse à toutes ces questions mais parfois je pense comment vivait-on cette fin de vie il y a 50 ans?

Alors je me dis que c'est la rançon des progrés de la médecine et de notre longévité qui, à mon avis, dépasse les limites pour lesquelles l'être humain est sur la terre!

Cette course pour la quantité de vie devrait être remplacée en faveur d'une quête pour une qualité de vie!

La vie ,même à n'importe quel prix, a-t-elle tant d'importance?

Béatrice Deslarzes

Médecin et ancienne vice présidente d'EXIT

www.bea-music.com