11/11/2010

Débat autour de "Rappaz"

Malheureusement je n'ai pas pu participer au débat organisé aujourd'hui par la TDG àla Brasserie des Halles de l'Ile à Genève en présence de mes deux confrères Jean Charles Rielle et Bernard Haenni mais à lire les lettres des lecteurs publiées par ce dernier il est certain que je n'aurais pas partager son opinion sur cette affaire.

Je vous rappelle à ce sujet un de mes blogs précédents donnant très clairement mon avis en défendant l'attitude des médecins par rapport aux droits des patients et à notre code déontologique médical.

Bien que valaisanne je ne partage pas du tout la décision du gouvernement quant à l'obligation de nourrir Bernard Rappaz de force.La balle est complètement dans le camp des autorités valaisannes qui, par orgueil et bêtise, ne veulent pas céder devant la pression et se butent dans leur décision de ne pas accorder une interruption de peine momentanée lorsque la vie d'un homme est en jeu.

Je souhaite vivement que la pression publique arrive à faire changer d'avis le Valais avant qu'il ne soit trop tard.

Béatrice Deslarzes

Médecin

www.bea-music.com

 

22/07/2010

Rebelle

Quelle bonne nouvelle : Bernard Rappaz peut continuer de purger sa peine au moins jusqu'à la nouvelle ordonnance du Tribunal Fédéral le 26 Août prochain chez lui, comme il le désirait.

La cheffe de la justice valaisanne a du plier devant la décision de l'Office Fédéral mais aussi du fait que les médecins de l'hôpital de l'Ile ont refusé d'alimenter Bernard Rappaz comme elle le désirait ou plutôt comme elle leur avait "ordonné".Pour moi c'est surtout cet argument qui me réjouit puisqu'ils ont eu la ferme intention de respecter la volonté (directives anticipées) de ce patient.

Quel chemin parcouru depuis le premier testament biologique émis par l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (EXIT).

Je me souviens très bien des critiques que nous avions  essuyées dans les années quatre vingt lors de la fondation d'EXIT quand je faisais partie du comité de cette association. C'est un progrés immense dans le respect de la volonté et le choix du patient même si cela doit entraîner la mort.

Cette attitude des médecins est tout à fait conforme aux directives de l'Académie Suisse des Sciences médicales (ASSM) qui est l'organe de référence de tout médecin et,comme je le disais dans mon précédent blog, cela fait partie, pour moi, du serment d'Hippocrate.

Un autre aspect de cette histoire me fascine c'est la victoire du rebelle sur l'autorité et la "Rebelle malgré moi" que je suis ne peut que crier victoire devant l'obstination de Bernard Rappaz à le rester jusqu'au bout quitte à en mourir. Sa rébellion a abouti!

Ce n'est pas avec des moutons qui tourment en rond, qui font ronron..... que l'on refait le monde.

Béatrice Deslarzes

Médecin et ancienne vice-présidente d'EXIT

www.bea-music.com/actus.html